Acceuil ÉCONOMIE « Au Maroc, les nouvelles cheikhats font du rap », ou comment choisir des figures pas très féministes pour représenter le féminisme au Maroc
ÉCONOMIE - POLITIQUE - 21 mars 2019

« Au Maroc, les nouvelles cheikhats font du rap », ou comment choisir des figures pas très féministes pour représenter le féminisme au Maroc

À l’occasion de la journée internationale de la femme, la chaîne ARTE a consacré son émission phare « Tracks » aux artistes « féministes » de différents pays, dont le Maroc. Dans une capsule de 13 minutes, intitulée « Au Maroc, les nouvelles cheikhats font du rap », des chanteuses marocaines sont mises en avant.

Le documentaire a débuté par Manal Benchlikha, la jeune femme de 25 ans, qui est passée de chanteuse « pop » à rappeuse, et qui explique ce détour par le fait qu’elle s’est endurcie, est qu’elle était « dégoûtée par l’inégalité entre les hommes et les femmes ». La chanteuse, qui se dit féministe, a poursuivi que la femme et l’homme ne peuvent être pareil, car la femme de sa nature est sensible et hormonale, alors que l’homme est plutôt stable, donc l’inégalité des sexes ne peut jamais exister. Un choix inexplicable par le documentaire de choisir Manal, comme voix féministe, qui croit qu’être féministe c’est de tourner des clips en shootant des pistolets comme dans sans clip « Taj », ou avoir un cast 100% féminin dans « Slay ».

La marrakchi a poursuivi que même si les femmes peuvent faire mieux que les hommes, ça  n’empêche pas que chacun doit rester à sa place.

Les créateurs cette émission refusent visiblement de croire que le Maroc a fait des pas important en ce qui concerne l’égalité des sexes, ce qui explique le passage en fond sonore de la chanson «  Wa Hadi Kedba Bayna » en évoquant la nouvelle constitution de 2011, qui promeut l’égalité des sexes dans tous les domaines. D’après le documentaire, l’égalité entre les sexes est un « mensonge » car il y’a toujours une inégalité de l’héritage, comme dans presque tous les pays musulmans, et la violence faite aux femmes en évoquant le cas de Amina Filali, le drame qui a fait polémique au Maroc et qui a fait changer la loi offrant la punité à l’agresseur s’il épouse sa victime.

Certes, il ne faut pas nier qu’au Maroc l’égalité des sexes n’est encore pas achevée complètement, mais ça vient plutôt des mentalités qui refusent de changer leur vision sur la femme, pas de la constitution qui donne des droits égales à l’homme et la femme.

Sans surprise, les médias français veulent toujours donner cette image « exotique » sur le Maroc, où les marocains se déplacent en chameau  et la femme et un citoyen de deuxième degré sans droits. « Tracks » a mis également en avant le groupe marocain Kabareh Cheikhats, qui se compose d’hommes qui se travestissent sur scène pour rendre hommage aux cheikhats.