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ÉCONOMIE - POLITIQUE - SOCIÉTÉ - 9 juillet 2018

CGEM : A mi-chemin entre politique et Business

L’investiture de Salaheddine Mezouar à la tête du patronat le 22 Mai dernier a revêtu un caractère tout particulier cette année. En effet, c’est la première fois depuis 18 ans que les membres de la confédération ont eu à départager entre deux prétendants au siège du président, après des années marquées par l’unanimité autour du candidat unique.

Au final, c’est Salaheddine Mezouar qui remporte le siège de la présidence à l’issue d’une campagne qui a soulevé plus d’une question sur ses soutiens, et sa légitimité d’un point de vue éthique. Taxé de parachutage, le nouveau patron des patrons ne peut se défaire d’un passé marqué par les divers mandats ministériels et le statut du prédécesseur d’Aziz Akhennouch à la tête du RNI. Tout y est pour crédibiliser les accusations dénonçant une main mise politicienne, dissimulée sur le syndicat patronale. Des accusations qui ont été ouvertement exprimées par son adversaire Hakim Marrakchi, qui est allé jusqu’à dénoncer une OPA sur la CGEM.

Pour faire face à ces accusations, Salaheddine Mezouar a reçu au lendemain de son investiture l’hebdomadaire Telquel pour une longue interview publiée dans le numéro de cette semaine. On peut y lire un Mezouar qui use du ton de la rationalité en appelant à plus de lucidité au niveau des arguments « On nous reproche d’avoir passé des coups de fil… Quand on est en campagne, il y’ a une équipe pour convaincre et gagner des voix, c’est ainsi. Il y avait une équipe autour de moi, … qui a fait son boulot en contactant les chefs d’entreprise » Et d’ajouter «…En dehors de mon appartenance politique, il n’y avait aucun argument pour justifier cette démarche d’OPA dont on m’accuse. Or, pour rendre la chose crédible, il faut l’étayer. C’est pour ça qu’en définitive, ça n’a pas pesé dans la balance »

Au sujet de la campagne du Boycott, l’ex ministre des affaires étrangères s’est arrêté essentiellement sur le déficit institutionnel et communicationnel, que celle a pu démasquer. « C’est d’abord l’affaire du gouvernement, des politiques, du parlement et d’une institution qui est censée jouer un rôle mais qui n’est pas là, le conseil de la concurrence » En outre, Mezouar n’a pas hésité à reconnaître l’impact du Boycott et la complexité du contexte qu’il stimule «…cela fait beaucoup plus de dégâts qu’on ne le pense. Non seulement aux trois marques, mais aussi à l’environnement économique, il y’a un climat de méfiance…» et de renvoyer de nouveau la balle à l’état « On est dans un état, et dans un état il y a des institutions qui doivent réguler ce genre de choses, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il faut aller vers des modes de réponse, pas forcément par de la répression, mais en rassurant, en réajustant… »