Acceuil ÉCONOMIE Christchurch: les propos d’Erdogan jugés « ignobles » par le premier ministre australien
ÉCONOMIE - POLITIQUE - 20 mars 2019

Christchurch: les propos d’Erdogan jugés « ignobles » par le premier ministre australien

Le premier ministre australien Scott Morrison a jugé ce mercredi 20 mars « irréfléchis », « ignobles » et « offensants » des propos tenus par le président turc Recep Tayyip Erdogan après l’attentat d’un extrémiste australien dans des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Scott Morrison a exigé le retrait des propos de Recep Tayyip Erdogan et a averti que « toutes les options sont sur la table » en ce qui concerne les relations entre l’Australie et la Turquie. Le président turc avait déclaré lundi que l’attentat de Christchurch s’inscrivait dans le cadre d’une attaque contre l’islam et la Turquie.

« Ce n’est pas un acte isolé, c’est quelque chose d’organisé », avait-il affirmé lors d’un discours de campagne prononcé dans l’ouest de la Turquie deux semaines, avant des élections locales. « Ils sont en train de nous tester avec le message qu’ils nous envoient depuis la Nouvelle-Zélande, à 16.500 kilomètres d’ici ».

Le président turc avait en particulier lancé que les Australiens qui seraient hostiles à l’islam subiraient le même sort que les soldats australiens tués par les forces ottomanes lors de la bataille de Gallipoli, pendant la Première Guerre mondiale. Dans une référence à la présence pendant ce conflit de contingents australiens et néo-zélandais engagés contre les forces ottomanes, il avait lancé: « Il y a un siècle, vos aïeux sont repartis à pied ou dans des cercueils. Si votre intention est la même que la leur, nous vous attendons ».

La bataille de Gallipoli, également appelée bataille des Dardanelles, a opposé pendant neuf mois en 1915 et 1916 les forces de l’Empire ottoman à celles de la Grande-Bretagne, de la France et de leurs alliés. Elle a fait des dizaines de milliers de morts dans les deux camps et s’est terminée par une victoire des Ottomans.

« Des propos ont été tenus par le président turc Erdogan que je considère extrêmement offensants pour les Australiens et extrêmement irréfléchis dans l’environnement très sensible dans lequel nous sommes », a dit Scott Morrison. Le premier ministre a notamment qualifié d' »ignobles » des commentaires faits par le président turc sur les réactions de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande après l’attentat de Christchurch.

Scott Morrison a fait sa déclaration après avoir convoqué l’ambassadeur de Turquie et avoir rejeté les « excuses » qui avaient été présentées. « J’attends, et j’ai demandé, que ces propos soient clarifiés, soient retirés », a déclaré le chef du gouvernement australien. « J’attendrai de voir ce que sera la réaction du gouvernement turc avant de décider d’autres mesures, mais je peux vous dire que toutes les options sont sur la table », a-t-il insisté.