Acceuil SOCIÉTÉ Deux opposants sahraouis détenus dans les camps de Tindouf
SOCIÉTÉ - 20 juin 2019

Deux opposants sahraouis détenus dans les camps de Tindouf

Deux dissidents du Front du Polisario, dont l’un est de nationalité espagnole, ont été arrêtés, dernièrement,  dans les camps des réfugiés de Tindouf), selon L’Association sahraouie de défense des droits de l’Homme (ASADEDH).

La première détention a eu lieu le 19.06.2019, quand l’opposant Moulay Abba Bouzeid aurait été arrêté par des gendarmes à l’issue d’un sit-in observé devant les locaux de L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) à Rabouni, capitale administrative des camps des réfugiés, pour réclamer la liberté d’expression et de mouvement. Le lendemain, aux environs de Rabouni, Boua Da Mohammed Fadel Breica, né au Sahara, âgé de 51 ans et titulaire d’un passeport et de nationalité espagnole a été, également, arrêté.

Selon le mouvement dissident « Initiative Sahraouie pour le Changement » (ISC), dont les deux détenus sont des coordinateurs dans les camps de réfugiés en Algérie, les deux seraient en détention dans la prison de Rabouni.

L’ISC a envoyé une lettre à l’Ambassade espagnole en Algérie à travers laquelle elle dénonce « une campagne d’arrestations » visant  le courant politique opposant et réclame une intervention urgente de la part des autorités espagnoles « pour s’enquérir de  l’état des détenus et les motifs derrière de telles détentions arbitraires ».

Selon le groupe dissident, les arrestations auraient eu lieu sans intervention judiciaire et sans que les familles des détenus soient informées. « Officieusement, on a appris que les accusations portées contre les détenus concernent leurs critiques dans les réseaux sociaux à l’encontre de la gestion de certains dirigeants du Front Polisario », a déclaré l’ISC dans une autre lettre adressée à l’ONG Human Rights Watch.

L’initiative de l’opposition, qui dénonce « les abus de pouvoir » et les « stratégies erronées » des dirigeants actuels du Front Polisario, ainsi que « le  manque de mécanismes démocratiques internes crédibles capables de canaliser les critiques », revendique sa reconnaissance en tant que courant interne au sein du mouvement sahraoui, ce que ses statuts actuels ne permettent pas.