Acceuil ÉCONOMIE En Libye, cinq jours d’affrontements violents entre pro-gouvernement et soutiens du maréchal Haftar
ÉCONOMIE - POLITIQUE - 8 avril 2019

En Libye, cinq jours d’affrontements violents entre pro-gouvernement et soutiens du maréchal Haftar

Plus de sept ans de chaos. Depuis la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, au terme de plus de quarante ans de pouvoir autoritaire en Libye, le pays est le théâtre d’une lutte violente. Si un gouvernement d’union nationale, le GNA, a été proclamé et installé à Tripoli dans l’ouest en 2015, l’Est est depuis des années aux mains d’une force paramilitaire extrêmement puissante. 

Ce lundi 8 avril, les troupes menées par le maréchal Khalifa Haftar -qui a purgé, avec le soutien de l’Égypte et des Émirats arabes unis une partie du territoire libyen des jihadistes qui tentaient de faire main basse sur le pays à la mort de Kadhafi-, sont effectivement aux portes de la capitale, menaçant le pouvoir du GNA, soutenu par l’ONU et incarné par Fayez al-Sarraj. 

Pour en arriver là, le maréchal Haftar a lancé, conforté par plusieurs victoires d’importance sur les bastions jihadistes de l’État islamique, une vaste offensive visant à conquérir les champs pétrolier du sud désertique de la Libye. Avec succès. Et en quelques jours seulement, depuis le 4 avril, il est arrivé à l’entrée de Tripoli, au terme de combats sanglants. 

Son ANL (pour Armée nationale libyenne) et les forces pro-GNA multiplient ainsi les escarmouches et même les raids aériens au-dessus de zones pourtant habitées en banlieue de la capitale libyenne. Fayez al-Sarraj a accusé le maréchal Haftar d’œuvrer à “saper le processus politique” pour “plonger le pays dans un cycle de violence et de guerre destructrice” Une situation qui a poussé la communauté internationale à multiplier les appels au calme. 

“Nous avons fait clairement savoir que nous sommes opposés à l’offensive militaire des forces de Khalifa Haftar et nous appelons à l’arrêt immédiat de ces opérations militaires contre la capitale libyenne”, a notamment dit Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain, dans un communiqué. La Russie, quant à elle, a bloqué le vote par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une déclaration appelant les forces de l’ANL à cesser les combats, expliquant qu’elle aurait préféré un texte exigeant la fin de toutes les violences.

Dimanche 7 avril, Les combats ont pourtant fait rage au sud de Tripoli, en particulier à Wadi Rabi et dans le périmètre de l’aéroport international, une infrastructure inutilisée depuis sa destruction par des combats en 2014. Les forces favorables du GNA ont notamment lancé une contre-offensive nommée “Volcan de la colère” pour “nettoyer toutes les villes libyennes des agresseurs”.

Au moins 32 personnes ont été tuées et 50 autres blessées depuis le début de l’offensive sur Tripoli, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé du GNA, publié ce dimanche soir. L’ANL avait annoncé la veille avoir perdu 14 combattants.