Acceuil ÉCONOMIE Erdogan subit un échec cuisant aux municipales et pourrait même perdre Istanbul
ÉCONOMIE - POLITIQUE - SOCIÉTÉ - 1 avril 2019

Erdogan subit un échec cuisant aux municipales et pourrait même perdre Istanbul

La Turquie attendait avec anxiété ce lundi 1er avril le résultat d’élections municipales à Istanbul où une défaite serait dévastatrice pour le président Recep Tayyip Erdogan, qui a déjà essuyé à Ankara un revers cuisant et inédit en 16 ans de pouvoir. 

Dans la plus grande ville du pays, la bataille se jouera à quelques milliers de voix entre les deux principaux candidats qui ont chacun revendiqué la victoire à l’issue de ce scrutin local qui s’est tenu dimanche 31 mars et avait valeur de vote de popularité pour Recep Tayyip Erdogan en pleine tempête économique. Ce lundi matin, le Haut-comité électoral a annoncé que le candidat d’opposition était en tête du scrutin à Istanbul. 

Sous la menace d’un vote sanction lors de cette élection qu’il a présentée comme vitale pour la “survie de la nation”, Recep Tayyip Erdogan a pesé de tout son poids dans la campagne, tenant plus de 100 meetings en moins de deux mois. Mais à Istanbul, cœur économique et démographique du pays dont  Erdogan a lui-même été maire, le parti islamo-conservateur AKP était en grande difficulté face au bloc de l’opposition constitué du CHP (social-démocrate) et de l’Iyi (droite), soutenu par les prokurdes du HDP.

L’ex-Premier ministre Binali Yildirim, candidat de l’AKP à Istanbul, a revendiqué la victoire dimanche soir, avant d’être imité quelques heures plus tard par le candidat de l’opposition, Ekrem Imamoglu. Les derniers résultats partiels publiés par l’agence de presse étatique Anadolu, qui a subitement arrêté de les actualiser dimanche soir, donnaient une courte avance de 4.000 voix à Binali Yildirim après le dépouillement de 98% des urnes. Ce lundi, le Haut-comité électoral a quant à lui placé Ekrem Imamoglu en tête du scrutin, tout en rappelant que des recours avaient lieu et que les résultats n’étaient que partiels. 

Quelle que soit l’issue de la bataille d’Istanbul, Recep Tayyip Erdogan a déjà essuyé un revers cinglant avec la perte de la capitale Ankara, que l’AKP et ses prédécesseurs islamistes contrôlaient depuis 25 ans. Selon Anadolu, le candidat de l’opposition Mansur Yavas y a battu le candidat de l’AKP Mehmet Ozhaseki, avec 50,9% des voix contre 47% après dépouillement de 99% des urnes.

Signe toutefois qu’il ne laissera pas lui échapper les deux principales villes du pays sans coup férir, l’AKP a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi qu’il déposerait des recours pour réexaminer la validité de dizaines de milliers de bulletins considérés comme nuls. “Nous allons utiliser jusqu’au bout les recours juridiques à notre disposition, nous ne laisserons pas la volonté des habitants d’Ankara être dénaturée”, a déclaré le secrétaire général de l’AKP Fatih Sahin Selon Anadolu, 290.000 votes ont été comptés comme nuls à Istanbul et 90.000 à Ankara.