Acceuil ÉCONOMIE France: cinq femmes jihadistes jugées après un attentat raté à Notre-Dame
ÉCONOMIE - POLITIQUE - 24 septembre 2019

France: cinq femmes jihadistes jugées après un attentat raté à Notre-Dame

Un attentat raté près de la cathédrale Notre-Dame, une traque de cinq jours et un policier attaqué au couteau il y a trois ans: le procès d’un groupe de femmes jihadistes inspirées par un propagandiste du groupe Etat islamique (EI) s’est ouvert lundi à Paris.

Cette affaire avait révélé le rôle actif des femmes dans le jihad, prêtes à commettre une attaque en France à défaut de pouvoir partir en Syrie ou en Irak. C’est la première fois que cinq femmes sont jugées aux assises en France dans un dossier terroriste islamiste.

Aujourd’hui âgées de 22 à 42 ans, les cinq accusées, dont quatre encourent la perpétuité, sont soupçonnées d’avoir voulu lancer des attaques en septembre 2016 en suivant les consignes de Rachid Kassim, un membre de l’EI probablement mort lors d’une frappe de drone en Irak qui sera aussi jugé, par défaut.

Rachid Kassim avait déjà inspiré, probablement depuis la zone irako-syrienne, l’assassinat d’un policier et de sa femme à Magnanville (région parisienne) en juin de cette année-là puis, en juillet, celui d’un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray, en Normandie.

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, après avoir envoyé une vidéo de revendication à Rachid Kassim, deux des accusées, Inès Madani et Ornella Gilligmann, garent devant des restaurants près de Notre-Dame une Peugeot 607 remplie de six bonbonnes de gaz. Selon le récit d’Ornella Gilligmann, les deux femmes prennent alors la fuite, en croyant voir un policier en civil.

Elles jettent une cigarette, après avoir aspergé la voiture de gasoil. Mais il n’y a pas d’explosion: ce carburant est très difficilement inflammable.

Selon les magistrats instructeurs, « seul un mauvais choix de carburant (…) a fait échec à leur tentative » dont le mode opératoire « augurait d’un carnage ».

Le procureur de Paris avait évoqué « un commando terroriste composé de jeunes femmes totalement réceptives à l’idéologie mortifère de Daech », l’acronyme arabe de l’EI.