Acceuil AUTRES Le FMI revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Afrique du Sud
AUTRES - 24 juillet 2019

Le FMI revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Afrique du Sud

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu, mardi, à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Afrique du Sud pour 2019 et 2020, attisant les craintes pour l’avenir des réformes que le président Cyril Ramaphosa entend mettre en œuvre pour redynamiser l’économie.

Le Fonds a ainsi estimé que l’économie sud-africaine devrait enregistrer une croissance de 0,7 pc sur toute l’année 2019 contre une prévision initiale de 1,2 pc. Pour 2020, ce taux devrait grimper à 1,1 pc, indique la même source.

«La croissance en Afrique du Sud devra être freinée davantage en 2019 suite à un affaiblissement durant le premier trimestre de l’année, reflétant l’impact plus important que prévu des grèves, des problèmes d’approvisionnement en énergie et d’une faible production agricole», a dit le FMI, dans un rapport sur les perspectives de l’économie mondiale.

Le pays arc-en-ciel, compté parmi les nations les plus industrialisées du continent africain, n’a pas pu atteindre 2 pc de croissance depuis 2013. Le ralentissement économique persiste dans le pays, en dépit des efforts consentis par Ramaphosa depuis son accession au pouvoir en février 2018.

Au premier trimestre de 2019, l’économie sud-africaine s’est contractée de 3,2 pc, après que le pays ait connu de graves coupures du courant. 

Les nouvelles prévisions de l’institution de Bretton Woods sont largement inférieures au taux de 1,5 pc prévu par la Trésorerie sud-africaine pour l’année 2019.

Selon les analystes de la place financière de Johannesburg, la nouvelle révision à la baisse des prévisions de croissance et les plans de sauvetage prévus par le gouvernement Ramaphosa au profit des entreprises publiques en déroute devront accentuer les risques d’une dégradation de la note souveraine du pays par Moody’s, la dernière agence internationale qui maintient toujours la note sud-africaine à un cran au-dessus du niveau spéculatif.

La nouvelle évaluation du FMI intervient suite à une intervention, mardi, du ministre sud-africain des Finances, Tito Mboweni, devant le parlement, faisant savoir que son gouvernement devra recourir à des emprunts pour financer un plan de sauvetage de la compagnie nationale d’électricité (Eskom), en proie à une grave crise financière.

«Des années de mauvaise gestion et de corruption, aggravées par une croissance économique faible, plombent l’économie et devront aboutir sans doute à de nouveaux dérapages budgétaires au cours de l’exercice budgétaire en cours et au-delà», a dit Elize Kruger, économiste au cabinet NKC.